Football/Analyse: Le nivellement des valeurs du football africain bouscule les coaches européens et les grandes nations

Conakry, 07 avr. (AGP)-Les éliminatoires de la prochaine CAN sont terminées. Que d'émotions !
Que de suspens !

La hiérarchie autrefois préétablie, est maintenant bousculée par le réveil des nations qui encaissaient des scores fleuves durant les années 60, 70 et 80.
La Guinée ne peut plus battre la Mauritanie 14 buts à 0 ou la Gambie 8 buts à 0.
Il en est de même pour le Nigeria, le Cameroun, le Ghana ou la RD Congo qui infligeaient çà et là, des scores impitoyables aux petites nations comme les Seychelles, les Comores, Djibouti, la République Centrafricaine, Sao Tomé, Madagascar, le Tchad, ...
Les scores de la dernière journée des éliminatoires de la CAN prouvent que les petites nations, même éliminées, tiennent les grandes nations à la culotte : la RD Congo, le Sénégal et le Cameroun viennent d'être malmenés devant leurs publics. Tout un symbole.
Le nivellement des valeurs à tous les niveaux est un bon signe pour l'évolution générale du football africain.
De ces 6 journées, 4 observations sont à tirer :
1) L'Afrique de l'Ouest s'est taillée une grande part avec 12 pays qualifiés sur 24: Guinée, Guinée Bissau, Gambie, Cap Vert, Sénégal, Mali, Mauritanie, Burkina, Ghana, Nigeria, Côte d'Ivoire et Bénin ou Sierra Leone.
C'est une première que la moitié des pays qualifiés viennent d'une seule région. L'UFOA devrait s'en féliciter.
2) Les pays qu'on croyait rester les bons derniers de leurs groupes comme les Comores et la Gambie, ont fait des exploits dignes d'éloges.
Ces 2 pays ont fait sensation et forcé l'admiration de tous les observateurs.
De même que la Guinée Bissau et la Mauritanie qui sont restées dans une logique ascendante d'exploits et de participation aux phases finales successives de la CAN.
3) La présence des entraîneurs africains en grand nombre, avec des résultats de plus en plus croissants, est à saluer.
C'est dire que nos entraîneurs locaux peuvent faire autant que les fameux sorciers blancs.
Cela doit emmener nos dirigeants sportifs à briser la chaîne du complexe.
4) A ce titre, le cas de Claude LEROY m'inspire une réflexion à l'intention des Africains.
J'entends souvent dire que CLAUDE LEROY AIME L'AFRIQUE.
Peut-être.
Mais, en réalité, C'EST L'ARGENT DE L'AFRIQUE QUE CLAUDE LEROY AIME.
Il gagne facilement cet argent parce qu'il gagne facilement les contrats de nos équipes nationales avec l'appui de Canal+ et des dirigeants sportifs africains.
Claude LEROY a passé plus de 23 ans en qualité d'entraîneur dans 7 pays africains : Cameroun, Sénégal, Ghana, Nigeria, RD Congo, Congo Brazzaville et Togo.
Les résultats et palmarès de Claude sont peu élogieux. Ce coach n'a pu faire qualifier aucun pays africain à la coupe du monde, aucune qualification d'un pays africain pour les jeux olympiques.
Le seul palmarès majeur pour le sorcier blanc c'est la victoire finale du Cameroun à la CAN 1988.
En moins de 10 ans, le Nigérian Stephen Keshi a fait mieux avec une CAN pour le Nigeria et une qualification du Togo pour la coupe du monde.
Pourtant, Claude LEROY est l'entraîneur qui a amassé plus d'argent, estimable à des millions d'euros durant les 23 ans de villégiature sur le continent noir.
Malgré son âge avancé, il continue de courir derrière les Fédérations et les Ministères des sports pour arracher les contrats.
Il a ses entrées partout. Pour quel résultat ?
Le Togo doit regretter le vieillard qui n'y a rien réussi en 5 ans, sinon qu'à prendre un des plus gros salaires, plus gros que ceux de certains Chefs d'Etat.
À 73 ans, le vieux sorcier blanc doit savoir se retirer.
Les naïfs pensent qu'il est un amoureux de l'Afrique.
Moi je dis et je signe qu'il n'aime que l'argent des Africains dont il sait se jouer.
Claude LEROY, Merci pour les services rendus à votre Afrique.
Si vous aimez l'Afrique, prenez une partie de votre économie pour financer la formation des jeunes entraîneurs des pays africains qui vous ont payé des millions d'euros sans résultat.
5) Pour le Syli national de Guinée, notre qualification n'a pas été convaincante.
À part le nul de Bamako, tous nos matchs ont été plus ou moins limités, peu rassurants.
Je pense que Didier SIX mérite d'être remercié et remplacé par Lappé Bangoura ou par Mandjou Diallo.
Conséquemment, son salaire devra être entièrement versé à son successeur Guinéen.
Pourquoi ?
Parce que jusqu'à présent il n'a pas donné au jeu du Syli un fond, une forme et une fluidité qui reflètent sa marque et augurent un avenir certain.
Ce recru du test de la feguifoot a de sérieux problèmes de gestion des talents, de réactivité et de coaching.
S'il peut corriger ces points, c'est tant mieux sinon le syli national part pour une promenade à la CAN 2022 au Cameroun.
AGP/07/04/021 BOS/ABD

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