Guinée/75 ans du PDG/RDA : Le Conseil National de la Révolution tenu à Conakry

Conakry, 13 mai (AGP)- Ce Samedi, 14 Mai marque le 75ème anniversaire de la fondation du Parti Démocratique de Guinée du Rassemblement Démocratique Africain (PDG-RDA) qui a dirigé la Guinée de 1958 à 1984, sous le leadership du président Feu Ahmed Sékou Touré.
En prélude à cet événement, le parti a tenu du 12 au 13 Mai, aux Cases de Bellevue, le Conseil National de la Révolution sous la présidence de son Secrétaire général par intérim, Honorable Oyé Béavogui, en présence des membres du B.P.N, les membres du Comité central, les membres du comité national des femmes, les membres du Conseil national de la J.R.D.A et des délégations des 45 fédérations de l’intérieur.
Dans son intervention, le Secrétaire général par intérim du PDG-RDA, Honorable Oyé Béavogui est revenu sur le parcours du Parti qui a mené la République de Guinée à l’indépendance nationale.
« Dans cette noble et exaltante mission, le parcours de nos devanciers n’a pas été de tout repos. Il faut rappeler que le droit à la semi autonomie pour les colonies commençait à faire le chemin à travers l’esprit de la constitution française de 1946. Le mouvement de contestation du système coloniale s’amplifiant dans les colonies africaines et autres, le Gouvernement Français crut que, pour mettre fin au maintien des liens de subordination très étroits, dans le cadre de la constitution d’octobre 1946, qui faisait le lit du nationalisme, et pour empêcher la multiplication des foyers de guerre, il fallait tenter de canaliser l’aspiration des populations africaines à l’émancipation, en octroyant aux colonies la loi cadre du 23 juin 1956, dite loi déferre instituant la semi autonomie dans les colonies.

Crée en 1947 comme section guinéenne du RDA, qui fut créé quant à lui à Bamako plus tôt en 1946, le PDG a connu les échecs sur le plan de sa représentativité politique sous l’administration coloniale. Son évolution plusieurs fois empêchée n’a pas entamé la détermination et le courage des leaders.

A la faveur de cette loi cadre de 1956, excepté le PDG-RDA, la plupart des autres formations politiques des autres colonies tombèrent effectivement dans le piège tendu par les autorités coloniales ; elles n’avaient pas eu l’intelligence politique de mettre cette loi au service de l’indépendance pleine et entière des peuples africains. Seul le PDG-RDA utilise à fond, cette loi ambiguë et la rendit immédiatement désuète et dépassée.

Notons en effet, qu’entre 1956-1958, le PDG détenait 2 sièges sur 3 depuis le 1er janvier 1956 à l’Assemblée Nationale Française, alors qu’il n’en avait aucun, le troisième étant revenu au BAG. Il détenait depuis le 15 juin 1957 cinq sièges sur cinq 5/5 au grand conseil de L’AOF, alors qu’il n’en avait aucun jusque-là. Ce qui permit d’exposer et de défendre les principales revendications des populations de guinée devant l’opinion française et internationale.

Il dirigeait depuis le 18 novembre 1957, suite à ses victoires électorales, les 05 mairies de plein exercice (Conakry, Kindia, Mamou, Kankan et N’Zérékoré) ; 7/9 des Mairies de moyen exercice, instituées par la France en Guinée, les 02 autres revenant au PRA-Guinée (BAG et DSG) ; il dirigeait également tous les conseils de circonscription et de village à partir de Février 1958. Il put ainsi appliquer une partie de son programme social dans les communes urbaines et des villages, et renforcer son assise politique à travers tout le territoire avant le referendum.

Le PDG-RDA avait la majorité à l’assemblée territoriale française (57/60 Conseillers) alors qu’il n’avait qu’un seul siège, ce qui lui permit de diriger le conseil de gouvernement du 09 Mai 1957 au 02 Octobre 1958, d’élaborer et de faire adopter les textes règlementaires dont l’application aboutie à des résultats significatifs et encourageant.

Ainsi les collectivités rurales furent réorganisées sous forme de conseils de village et de conseils de circonscription dirigés par des cadres élus démocratiquement par des populations, alors qu’une telle institution n’a pas été créée dans d’autres colonies et on s’en tenait encore à la forme coloniale de nomination dans la plupart d’entre elles. D’où cette autre réflexion d’Alain GANDOLFI affirmant que cela est une preuve que ; citation ‘’La démocratie de l’institution villageoise a effectivement pris naissance en Guinée » bien avant l’indépendance’’ », a fait savoir Honorable Oyé Béavoqui.


Poursuivant son intervention, il a déclaré que l’indépendance acquise permet au PDG-RDA de dérouler son programme économique et social. Il faut souligner avec insistance que le bilan économique et social de l’administration coloniale avant l’indépendance a été négatif sur tous les plans et ce pendant 60 années de colonisation.

« L’indépendance acquise dans les conditions difficiles précitées, a entrainé le pays vers un développement assuré. Les édifices scolaires ont pris une enjambée sur toute l’étendue du territoire nationale. L’édification d’une prospection administrative débutée sous le régime colonial par le PDG-RDA s’intensifie dès les premières heures de l’indépendance du pays. Ainsi plusieurs édifices scolaires sont mis en place : du primaire en passant par le collège et le lycée pour aboutir au supérieur, fut une réalité sur toute l’étendue du territoire national. L’enseignement de masse amorcé dans le parcours Scolaire donna la chance aux plus deminus de bénéficier d’une culture scolaire réussie.

A la suite des écoles primaires des collèges et des lycées construits, aussitôt des universités et instituts d’enseignement supérieur voient le jour ; on peut citer l’institut polytechnique Gamal Abdel Nasser, l’institut Géo-Mine de Boké, l’université Julius N’yéréré de Kankan, l’institut Valérie Giscard d’Estaing de Faranah, l’institut Agronomique de Foulayah à Kindia, l’institut de N’Zérékoré et à Labé pour ne citer que ceux-là. Il est à préciser qu’à la mort du Président Ahmed Sékou TOURE, 85 000 cadres supérieurs et moyens avaient été formés par le système éducatif guinéen dans notre pays et à l’extérieur. Chaque année plus de 1 000 boursiers bénéficient de cet avantage à la charge exclusive de l’Etat Guinéen.

Sur le plan économique des unités de production occupent une place importante dans le domaine du développement. La prolifération des industries extractives et des fabriques devient une réalité. L’agro-alimentaire occupe une place de choix dans le tissu économique de la guinée. Les FAPA sont un exemple illustratif qui vient appuyer ces argumentaires. Le marché local est approvisionné par les produits made in guinea. L’on a dénombré plus de 336 unités de production.

La flotte aérienne et maritime fournies par des avions de lignes avec la construction des aéroports et aérodromes dans les chefs-lieux de régions ont permis à la guinée de se distinguer des pays de la sous-région (11 aéronefs et 02 bateaux minéraliers).

La planification du système éducatif orienté vers la vie utile a permis de résorber le chômage des jeunes sortants des centres éducatifs de tous les corps de métier. Cette chaine a été interrompue des après le coup d’Etat du 03 avril 1984. La souveraineté monétaire est un pari réussi pour le régime du PDG-RDA en ce sens que tous les maux qui pouvaient saborder le système monétaire telle que l’inflation, ont été maitrisés tout au long de son régime. La capacité de production garantissant la stabilité monétaire a été respectée. La balance commerciale excédentaire qui permet d’engranger des devises afin d’assurer les gros investissements tout en évitant des endettements excessifs fut maitrisée pendant les 26 années du régime du PDG-RDA. C’est pourquoi le pays se portait dans une santé financière exceptionnelle. La corruption combattue avec la dernière énergie n’a jamais trouvé d’assise.

En effet, la proclamation de l’Etat indépendant et souverain de Guinée le 02 octobre 1958 a été accompagnée de la mise en place des institutions permettant l’exercice effectif de sa pleine souveraineté. C’est pourquoi dans la nuit du 1er au 02 octobre 1958, le Secrétaire Général du PDG, chef du Gouvernement, confiait à une équipe dirigée par le Camarade N’Famara KEITA, membre de la Direction Nationale du Parti, la mission d’organiser une armée nationale capable d’assurer la défense de notre Patrie », s’est réjoui le jeune leader.


En fin le secrétaire général du PDG-RDA par intérim, a salué la reconnaissance des nouvelles autorités de la transition du combat mené par les devanciers.

« Aujourd’hui grâce à Dieu le Parti PDG-RDA vit et se maintient. Les régimes se succèdent et notre formation politique se remet en confiance. Les responsables à tous les niveaux s’activent pour donner un sens à la raison historique en privilégiant l’unité nationale et la concorde sociale qui ont toujours guidé le PDG-RDA.

Les nouvelles autorités de la transition en particulier le CNRD et son Président le Colonel Mamady DOUMBOUYA, chef suprême des armées, chef de l’Etat, Président de la République de Guinée, comprennent si heureusement le combat mené par nos devanciers qui malgré toutes les velléités subies ont su maintenir cette unité, cette cohésion, cette intransigeance de bâtir une nation unie et prospère.

C’est pourquoi le PDG-RDA et ses dirigeants, le BPN remercient et félicitent Monsieur le Président, le Colonel Mamady DOUMBOUYA pour son initiative de restitution des propriétés de la Belle-Vue à la famille du Président Ahmed Sékou TOURE et surtout la rebaptisation de l’aéroport international de Gbessia au nom du Camarade Ahmed Sékou TOURE vitrine de la Guinée. Ces actes confirment le patriotisme de cet homme qui est resté égale à lui-même dans l’amour qu’il a toujours porté pour l’Afrique et la Guinée le pays où il est né.

Nous apprécions à juste titre les efforts du Colonel Président pour tout le sacrifice qu’il consent dans son programme de refondation de l’Etat, dans la lutte contre la corruption.

Les consultations menées au sein des forces sociales, la mise en place du CNT et en fin les assises nationales pour aboutir au chronogramme de 39 mois de transition, sont des démarches auxquelles le PDG-RDA et ses militants adhèrent et souscrivent pour une meilleure gestion de la transition », a-t-il conclu.


AGP/13/05/022 KAD/AND



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